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Mon enfant n’aime pas lire : 5 astuces décomplexées

Par Quentin Leigné

Lecture en famille

« Il n’aime pas lire. » Vous l’avez peut-être dit à voix basse à la sortie de l’école, avec ce petit pincement de honte qui accompagne souvent la phrase. Avant de chercher la bonne méthode, une bonne nouvelle : cela ne veut pas dire que votre enfant ne lira jamais. Voici cinq astuces, appuyées sur des données, pour décomplexer la lecture.

1. Montrer l’exemple, sans en faire une leçon

D’après l’étude CNL/Ipsos 2026, 18% des jeunes disent qu’aucun de leurs parents ne lit de livres pour lui-même, soit 11 points de plus qu’en 2016 ; la part de ceux dont au moins un parent lit est passée de 93% à 82%. Le même rapport montre que parmi les jeunes dont les parents achètent des livres au moins une fois par mois, 93% déclarent aimer lire, contre 81% pour l’ensemble. Ce sont des associations, pas des preuves : lire soi-même, à côté de l’enfant, reste un geste simple, sans discours.

2. Lui donner le droit d’abandonner

L’écrivain Daniel Pennac, dans Comme un roman, énonce dix droits du lecteur, parmi lesquels le droit de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre, de relire, de lire n’importe quoi. Savoir qu’on peut laisser un livre en plan enlève de la pression.

3. Accepter les BD et les mangas

Selon le CNL, jusqu’à 12 ans, les lecteurs de loisir lisent d’abord des albums de bande dessinée, puis des mangas (62% des 10-12 ans). La conférence de consensus du Cnesco (2016) invite à légitimer ces pratiques de lecture pour amener l’élève vers la lecture littéraire. Un article de ce blog y est consacré.

4. Le laisser choisir

Dans l’enquête Scholastic 2019, 89% des enfants disent que leurs livres préférés sont ceux qu’ils ont choisis et 88% se disent plus enclins à finir un livre choisi. Proposer deux ou trois options suffit.

5. Partager, sans marchander

Dans l’étude CNL 2026, 93% des jeunes à qui l’on a lu des histoires disent avoir adoré ou bien aimé cela. Continuer à lire ensemble, quelques minutes, est un moyen doux de garder le lien avec les livres. Et mieux vaut éviter les récompenses : une méta-analyse de 128 expériences (Deci, Koestner et Ryan, 1999) montre que les récompenses matérielles annoncées à l’avance réduisent la motivation intrinsèque, davantage chez les enfants que chez les étudiants.

L’avis de Nabojo. Un enfant qui n’aime pas lire n’a pas forcément rencontré le bon livre, le bon moment ou le bon format. Nous pensons qu’il vaut mieux multiplier les occasions de plaisir (une BD, une histoire lue, un livre choisi) que chercher à corriger un manque. Le goût de lire se construit par petites touches, sans pression.

En résumé

Montrer l’exemple, autoriser l’abandon, accepter les BD, laisser choisir, lire ensemble sans récompense : cinq gestes simples pour que la lecture reste un plaisir.

Sources